Le mot du président

S’élever pour la jeunesse du pays Martinique

Cette situation sanitaire mondiale nous rappelle la fragilité de nos sociétés face à des menaces parfois sous estimées.
Cela met en exergue l’importance de l’Éducation et de la santé.
Cette Éducation d’excellence que nous défendons depuis bientôt 30 ans. L’heure n’est pas au chacun pour soi, aux tiraillements.
L’heure est plus que jamais à la solidarité pour qu’ensemble nous prenions le chemin de la compréhension, de la pensée positive et pour rappeler le sens de divini yich-nou, sé divini péyi-nou.
Notre démarche n’a pas varié, et nos échanges avec différents partenaires, notamment le rectorat met en lumière le champ des possibles.
Nous aurons remarqué, malgré le déploiement de moyens mis en place pour assurer une continuité pédagogique que le succès escompté n’est pas totalement au rendez-vous.
En plus qu’environ 15% d’élèves n’ont pu être en lien avec les différentes actions pédagogiques menées par les enseignants, nous observons que ces cours à distance, «Nation apprenante » ne peuvent remplacer valablement le lien pédagogique en présentiel.
Cette méthode tend aussi à générer un surcroît de travail tant du côté des élèves que des enseignants sans garantir la réussite de tous et générant parfois un stress intense dans certaines familles.
Rappelons aussi que la situation que vivent nos élèves en Martinique n’est pas semblable à celle de ceux de la France hexagonale, nos élèves pâtissant, en plus du confinement, des conséquences des mouvements sociaux dans l’Académie depuis le mois de décembre 2019.
Il s’agit aujourd’hui de faire preuve d’imagination pour organiser le rattrapage des enseignements perdus, certainement sur une ou plusieurs années scolaires. Le ministère a fait un effort national en ne supprimant pas de postes dans le primaire, la Martinique en bénéficie.

La Nation a une dette éducative

Une démarche identique pour le secondaire est nécessaire afin d’accompagner lycéens et collégiens vers la pleine réussite et ainsi doter les établissements des moyens humains indispensables à cet objectif.
La situation des lycéens qui obtiendront le BAC cette année et qui s’inscriront à l’Université avec un déficit de cours conséquent est à analyser avec justesse.
Il est alors utile que l’Université des Antilles prenne en compte cet état de fait pour qu’un programme particulier soit proposé aux nouveaux bacheliers. Une année spéciale peut être la bonne solution, voire un cursus en 4 ans pour l’obtention de la licence, et garantir cela par la loi, à ce jour la Nation a une dette éducative.
Pour réussir cela, il sera nécessaire de mettre en adéquation les moyens humains et matériels avec cet objectif pour que le Pôle Martinique puisse réussir cet ambitieux challenge.
Il est donc important que l’Académie et l’UA, puissent, avec l’apport des différents acteurs, trouver une concordance dans cette perspective nouvelle et exceptionnelle que nous proposons.
L’actualité indique que le ministre de l’Éducation prévoit une rentrée, dit-il échelonnée à partir du 11 mai prochain.
Il est alors heureux que les enfants retrouvent enfin l’école mais il va sans dire que cette décision ne peut être réalisable que si les conditions sanitaires sont scrupuleusement respectées.
C’est ainsi que l’organisation sanitaire proposée par le gouvernement doit tenir compte des avis des Comités Scientifiques et Médicaux de France et de Martinique, pouvant faire une unanimité consensuelle.
Ceci est d’autant plus important que la levée du confinement, à cette date ne sera que partielle et n’est qu’un point de départ. Tout cela ne nous interdisant pas, bien sûr, toutes formes d’innovations organisationnelles.
Innovation qui a déjà cours, trois établissements scolaires accueillant les enfants des soignants suivant un modèle sanitaire adapté à la situation, qui pourrait déjà s’étendre aux élèves en isolement ou situation de précarité éducatives.

Loin de toute précipitation

Ainsi, à partir des enjeux éducatifs les plus cruciaux, penser au nombre d’élèves par classe, de la refonte des emplois du temps, des modifications des rythmes scolaires, des taux d’encadrement des petits, de la problématique des récréations et de restauration, de l’accueil des parents, du fonctionnement des différentes instances ainsi que du transport scolaire, des points importants à organiser.
Nous rappelons aussi que chacun de nous vivons ce confinement de manière individuelle avec ses propres conditions sociales et humaines face aux contraintes et injonctions collectives. Dans ce cas, les solidarités institutionnelles ou individuelles sont parfois difficilement mobilisables, exposant beaucoup de nos enfants et parfois les adultes à des risques d’échec importants. La solidarité est la première des forces en cas de crises, soyons donc solidaires.
Il est donc urgent que les partenaires soient réunis, (Personnel enseignant, Parents, Collectivités de Martinique, ARS) afin de préparer dans les meilleures conditions cette réouverture envisagée des écoles et surtout initier sous un angle nouveau l’organisation de l’année scolaire 2020/2021, la tenue d’un CEN extraordinaire est donc indispensable, tous les acteurs du système éducatif devant être pleinement engagés face à ce nouveau défi pour nos sociétés. L’élaboration d’un plan de sauvegarde de notre jeunesse pourra être une de ces finalités.
Les grandes lignes pourront être établies par un comité de pilotage où toutes les parties prenantes de notre système éducatif seraient présentes, ouvrant ainsi la voie au Projet Éducatif Martiniquais.
Loin de toute précipitation, la vie, l’école ne s’arrêtant pas après cette pandémie, mais au contraire leçon sera peut-être retenue pour que nous réapprenions à travailler ensemble pour le bien-être de tous.
Et ainsi s’élever pour construire un excellent futur à la jeunesse de notre pays Martinique.

Gérard Laguerre

UA : Université des Antilles
CEN : Conseil de l’Éducation Nationale

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